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DECLARATION DE YAOUNDE Sur les politiques publiques d’accompagnement des agricultures familiales de seconde génération au Cameroun


Au terme de la Conférence célébrant l’Année Internationale des Agricultures Familiales, qui a réuni plus de 120 participants représentant toutes les catégories professionnelles du secteur agropastoral, les partenaires au développement, et les experts venus du Maroc, du Mali et du Bénin, afin de partager leurs expériences à la réflexion sur les politiques publiques d’accompagnement visant à développer des agricultures familiales de seconde génération au Cameroun ;

LES PARTICIPANTS,

CONSIDERANT les objectifs de politiques publiques exprimés dans les instruments de planification sectorielle (DSCE, SDSR, pacte PDDAA, PNIA) :
-    d’assurer la sécurité alimentaire du pays et de veiller à l’alimentation de la population en quantité et en qualité,
-    d’accroitre la production destinée tant à la consommation locale qu’à l’exportation,
-    de créer  de nombreux emplois décents et rémunérateurs,
-    de favoriser la gestion durable des ressources naturelles,
-    de sauvegarder et d’accroître le patrimoine national matériel et culturel ;
-    de collaborer en faveur de la mutation de l’agriculture camerounaise vers l’avènement de l’agriculture de seconde génération dans laquelle cohabitent de manière complémentaire des petites exploitations à la productivité accrue et des entreprises de moyenne et grande taille respectueuse de l’environnement.

CONVAINCUS de la nécessité d’accompagner les exploitants agricoles familiaux qui représentent 60% de la population active camerounaise, afin qu’ils :
-    améliorent les performances techniques et économiques de leurs systèmes de production pour répondre aux enjeux de croissance économique, de sécurité alimentaire et d’emplois ;
-    renforcent leurs capacités individuelles et collectives de résilience face aux changements climatiques et d’adaptation aux nouvelles donnes environnementales ;
-    contribuent activement à la dynamisation et à la sécurisation des territoires ruraux ;
-    jouent un rôle actif de relais de l’information et que cela favorise leur structuration par le rapprochement des membres avec l’organisation.

INVITENT le gouvernement du Cameroun, ses ministères en charge du secteur rural et notamment le MINADER et le MINEPIA, les agriculteurs à travers leurs organisations professionnelles et les partenaires au développement, à :
-    utiliser les travaux de cette conférence pour nourrir les réflexions en cours concernant l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques ad hoc permettant de répondre aux objectifs supra ;
-    considérer les priorités d’accompagnement suivantes pour développer les agricultures familiales de seconde génération :
o    l’accès et la sécurisation de l’usage des terres et des plans d’eau à des fins agricole et d’élevage et de pêche,
o    l’investissement dans les infrastructures agricoles et rurales et les équipements collectifs,
o    le soutien aux organisations de producteurs et aux institutions financières,
o    l’orientation de la recherche, de la formation professionnelle et du conseil en lien avec les besoins de renforcement des agricultures familiales,
o    l’appui à l’organisation des marchés, la transformation et la promotion des produits de ces agricultures.

De manière spécifique, il s’agira, par ces politiques publiques formalisées :
-    d’aider à la mise en place de schémas de gestion des ressources agro-sylvo pastorales et d’aménagement du territoire qui sécurisent l’accès aux ressources eau et sols pour les agriculteurs familiaux ;
-    de favoriser l’intensification agro-écologique des modes d’exploitation et moderniser l’appareil de production afin d’augmenter la productivité de la terre et du travail ;
-    de développer l’accès des exploitants agropastoraux et des jeunes à la formation professionnelle ;
-    d’encourager l’installation des jeunes dans des conditions optimales et incitatives sur des exploitations performantes et durables ;
-    de développer, diffuser et faciliter l’accès des producteurs à des technologies et des pratiques d’exploitations des sols durables et respectueuses de l’environnement ;
-    de financer durablement le développement des exploitations agricoles familiales en proposant des modes de financement innovant et adaptés aux réalités locales ;
-    d’aider les organisations de producteurs à devenir des opérateurs économiques crédibles dans les filières ;
-    de donner toute sa place à la représentation professionnelle dans la cogestion des projets et programmes et l’élaboration des politiques publiques de soutien au développement rural ;
-    de faire en sorte que l’agriculture familiale devienne une activité professionnelle reconnue socialement et juridiquement.

En conséquence, sur la base des conclusions des travaux en plénière, en commission et des visites de terrain, les participants à la conférence formulent les principales recommandations suivantes :

1.    Engager une réflexion nationale entre l’Etat et les organisations des producteurs devant aboutir à la définition d’un véritable statut de l’agriculteur dans le but de rendre l’agriculture familiale plus attrayante pour les jeunes ;

2.    Mettre en place des mécanismes de financement adaptés aux besoins de l’agriculture familiale et co-élaborés par les organisations paysannes et l’Etat

3.    Mettre en place un mécanisme participatif et inclusif de dialogue entre le gouvernement, les organisations de producteurs et d’autres parties prenantes pour identifier et répondre aux besoins et préoccupations des agriculteurs familiaux ;

4.    Promouvoir des approches de recherche intégrée qui implique autant le système national de recherche agricole (SNRA) que les autres parties prenantes particulièrement les producteurs afin d’améliorer les connaissances sur les dynamiques, la productivité et la rentabilité des systèmes agropastoraux ;

5.    Harmoniser les approches d’appuis et de conseils aux agriculteurs familiaux par l’élaboration d’une politique publique dédiée ;

6.    Structurer les filières par des politiques participatives et inclusives prenant en compte tous les échelons des chaînes de valeur ;

7.    Privilégier l’approche territoriale la plus pertinente pour assurer la gestion optimale des ressources foncière et financière en faveur des agriculteurs familiaux ;

8.    Engager une réforme foncière en impliquant toutes les parties prenantes, et faciliter l’accès à la terre aux petits producteurs, aux jeunes et aux femmes.

REMERCIENT le Gouvernement et les partenaires au développement qui ont pris l’initiative et rendus possible la commémoration inclusive de l’année internationale de l’agriculture familiale au Cameroun.


Déclaration de Yaoundé
Adoptée le 05 février 2015 à Yaoundé

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