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Outils pédagogiques : formation des Maîtres Pêcheurs

Outils pédagogiques : formation des Maîtres Pêcheurs

Après l’installation en 2016 de la première promotion des jeunes Maîtres Pêcheurs (MP) formés au Centre de Formation des Jeunes Pêcheurs (CFJP) de BONAMATOUMBE en pêche artisanale maritime, le Ministre de l’Elevage, des Pêches et des Industries Animales a procédé en avril 2018 à la mise en eau de la première promotion des maîtres pêcheurs du Centre d’Alevinage et de Contrôle de Pêche (CACP) de MAGA en pêche artisanale continentale. Au cours du processus d’accompagnement à l’insertion de ces maîtres pêcheurs, quelques différences étaient apparues entre les deux types de pêche, notamment sur les plans de l’organisation, des équipements et des périodes de pêche, la pêche artisanale continentale semblant plutôt saisonnière.

La deuxième promotion des MP est arrivée en fin de formation dans cinq (05) centres de formation, à savoir le CFJP de BONAMATOUMBE, le CACP de MAGA, le CFJP de DEBUNDSCHA, le centre de pêche de LONDJI et le centre de pêche de BELABO.

Une troisième promotion des MP vient d’entrer en formation dans huit (08) centres de formation, les centres de LAGDO, de MBAKAOU et de MOUANKO s’étant ajoutés aux cinq ci-dessus.

Afin d’envisager la formation de cette nouvelle promotion de MP avec plus de sérénité, une évaluation de la formation de la deuxième promotion s’est tenue à EBOLOWA du 25 au 29 Juin 2018, sous la conduite de la Direction des Pêches, de l’Aquaculture et des Industries Halieutiques (DPAIH) du Ministère de l’Elevage, des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA), avec la participation des équipes pédagogiques des huit (08) centres de formation des MP sus-évoqués et l’animation d’une équipe de la coordination nationale du programme PCP-AFOP.

Cette évaluation avait pour objectifs de :

  • Caractériser les pratiques pédagogiques dans les cinq (05) centres de formation ayant conduit la formation de la deuxième promotion des MP;
  • Construire ou actualiser, sur la base des leçons tirées des vécus des équipes pédagogiques, les outils de planification, d’organisation et d’animation de la formation des MP (pêche artisanale maritime et pêche artisanale continentale).

La démarche a consisté en la récupération des vécus de chaque équipe pédagogique, puis à l’analyse participative de ces vécus sur les centres d’intérêt suivants :

  • le positionnement des apprenants ;
  • l’organisation de la formation ;
  • l’animation des formations ;
  • l’accompagnement à l’insertion des formés.

Pour chacun de ces centres d’intérêt il était question de questionner les démarches et outils utilisés, les difficultés rencontrées et les solutions entreprises face à ces difficultés.

Toutefois il faut noter qu’en l’absence des acteurs de l’insertion à l’évaluation, les aspects liés à l’accompagnement à l’insertion des formés n’ont pas été analysés.

De cette évaluation sont sortis quelques résultats qu’il convient de partager.

D’abord sur le plan de l’éthique : pour garantir la pérennité des ressources halieutiques et partant la durabilité de la pêche, des périodes de repos biologique sont observées sur les plans d’eau continentaux au cours de l’année, faisant ainsi de la pêche artisanale continentale une pêche  essentiellement saisonnière. Ce qui vient confirmer le constat qui avait déjà été fait lors de l’accompagnement à l’insertion des deux promotions sus-évoquées. Cette saisonnalité oblige les pêcheurs à développer à côté de la composante pêche une ou plusieurs autres composantes, notamment des composantes agropastorales. Il y a donc nécessité que la formation des MP en pêche artisanale continentale prenne en compte des aspects agropastoraux en prélude à leur installation.

Une telle prise en compte exige l’intervention des moniteurs à compétences agropastorales dans les centres de formation des MP. Les modalités de mobilisation de ces moniteurs sont en cours d’examen à la coordination nationale du programme PCP-AFOP. Quant aux modalités pédagogiques elles seront les mêmes qu’en formation des exploitants agricoles, à savoir l’alternance entre le milieu socioprofessionnel et le centre de formation, avec au préalable l’identification et la formation des référents à leur rôle.

Par contre la pêche artisanale maritime se pratique tout au long de l’année et les pêcheurs n’ont pas forcément besoin d’autres composantes à côté de leurs activités de pêche.

Sur le plan de l’organisation des formations : un calendrier des activités de pêche a été élaboré autour de chaque centre de formation, ce qui  permet de coller véritablement les activités de formation aux activités de pêche sur les plans d’eau au niveau local. Ce calendrier a permis de se rendre compte que les périodes de repos biologiques tombent à des moments différents au cours de l’année, compte tenu de la grande diversité climatique du Cameroun et de la répartition géographique des centres de formation des maîtres pêcheurs.

Sur cette base trois (03) rubans pédagogiques ont été élaborés :

  1. Un pour la pêche artisanale maritime,
  2. Un pour la pêche artisanale continentale zone septentrionale et
  3. Un pour la pêche artisanale continentale zone centrale et méridionale.

La déclinaison de ce ruban en formation passe par un outil de programmation périodique qui, comme son nom l’indique, s’élabore au cours de réunions périodiques, véritables séances de concertation des équipes périodiques.

Au plan des contenus de formation : le référentiel du métier de MP est un référentiel national. De plus, la prise en compte des aspects agropastoraux ne saurait se faire de façon uniforme dans tous les centres en termes de contenus, compte tenu de la dispersion géographique des centres développant la pêche artisanale continentale. Cette prise en compte se fera donc à travers un/des module(s) d’adaptation locale propres à chaque centre pour tenir compte des réalités locales. Les équipes pédagogiques des centres de formation seront accompagnées par la coordination nationale PCP-AFOP dans la  construction desdits modules d’adaptation locale.

Pour ce qui est du suivi des apprenants en formation : des outils d’établissement de la situation de référence des MP à l’entrée en formation ont été élaborés. En effet cette situation de référence permettra de mesurer les effets de la formation et plus tard de l’insertion sur ces jeunes.

S’agissant de l’animation des formations : il est ressorti des vécus des équipes pédagogiques que les apprenants apprennent le métier au centre de formation, puis vont en stage pour appliquer ce qu’ils ont appris au centre. Une telle conception place le centre comme référence en matière de pêche, ce qui n’est pas vrai du moment où certains moniteurs, sinon la plupart d’entre eux n’ont jamais pêché. Du coup se pose le problème de valorisation des expériences locales dans la formation : Comment valoriser les expériences des professionnels locaux dans la formation ?

A ce sujet, les stages devraient être considérés comme des occasions de confrontation des idées et des pratiques par les apprenants : confrontations entre les idées et pratiques issues des apprentissages au centre et celles issues des observations sur les pratiques des professionnels qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Une telle confrontation devrait permettre à l’apprenant de faire des analyses et de procéder à des choix raisonnées, justifiées et donc durables. Le moniteur prendrait alors sa véritable place d’accompagnateur (accompagnement dans cette confrontation d’idées).

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